C'est mon truc

Osez demander de l'aide!

Travail, études, famille et impératifs de la vie. Tout le monde a son lot de petites et grandes fatigues, de petits et grands problèmes. C'est indéniable. Dans certains cas, on s'en sortira plutôt bien sans avoir à demander de l'aide. Mais il arrive aussi que l'émotion soit trop grande, que l'épuisement ou le découragement nous clouent sur place. C'est alors qu'on aurait bien besoin de renforts. Encore qu'on ne le réalise pas toujours. Qu'on ne sache pas toujours où la trouver cette aide, ni comment la solliciter. Petit précis de la demande d'aide!

Tous égaux dans la demande

Quand il s'agit de maladie, de faillite, de décès ou de séparation, on comprend aisément et d'emblée qu'une aide est nécessaire. Néanmoins, est-ce à dire qu'en marge de ces coups durs de la vie, il n'est pas légitime d'exprimer son désir de recevoir du soutien? Certainement pas! Il arrive que la source du problème n'ait rien de bien spectaculaire. C'est le cas avec le travail et nos vies effrénées. Les statistiques parlent d'elles-mêmes : depuis le tournant des années 1990, on rencontre de plus en plus chez les travailleurs des problèmes de type épuisement professionnel, dépression et autres troubles anxieux. Au Québec, c'est plus d'un travailleur sur quatre qui composerait au quotidien avec un haut niveau de stress. Et quand la pression exercée sur soi devient trop grande, souvent les ressources intérieures ne suffisent plus.

D'autres indices montrant qu'il serait bon de demander de l'aide :

  • Un sentiment de colère s'est installé en vous et ne veut pas prendre le large.
  • Vous ne jouissez plus de la vie comme avant.
  • Votre condition physique a toujours été bonne, mais depuis quelque temps, les problèmes de santé se succèdent.
  • Vous êtes régulièrement dans l'incapacité d'affronter une journée de travail.
  • Rien ne va plus sur le plan financier.
  • Vous vivez des conflits qui vous blessent et vous habitent.
  • Vous broyez du noir et perdez de plus en plus espoir.

Demander : mode d'emploi

Vous avez défini le problème et vous reconnaissez qu'un appui serait plus que bienvenu. C'est maintenant l'heure de demander… Une étape à la fois!

  1. En tout premier lieu, voyez quels sont vos besoins. Vous faut-il une pause (passer quelques jours seul) pour respirer un peu? Une oreille attentive à qui vous confier? Une réduction de votre charge de travail? Des conseils professionnels?…
  2. Ensuite, voyez à qui (où) vous adresser (voir plus bas « Plus d'une porte à laquelle cogner »).
  3. Après quoi, osez faire le premier pas. Passez à l'action en parlant aux personnes (ou organismes) que vous avez identifiées comme pouvant vous aider. Dites-vous que si vous ne communiquez pas vos besoins, personne ne pourra les deviner.
  4. Il n'est écrit nulle part que l'on doive se limiter à une seule demande. Sollicitez de l'aide chaque fois que le besoin s'en fait ressentir. Car vous pourriez avoir besoin plus d'une fois de parler ou de vous faire assister dans vos tâches.

L'aide peut prendre diverses formes :

  • un ami ou un membre de la famille qui fait l'épicerie ou les emplettes pour nous permettre de souffler;
  • une sœur, un voisin avec qui sortir pour nous changer les idées;
  • un conseiller qui nous aide à y voir clair sur le plan financier;
  • un collègue qui prend le relais dans un dossier qui nous pèse;
  • un professionnel qui nous écoute et nous offre de précieux conseils relativement à un état de déprime ou d'émotions intenses;
  • les membres de notre famille qui prennent davantage part aux tâches domestiques;
  • des personnes ayant vécu un contexte similaire au nôtre, qui partagent avec nous leur expérience.

Plus d'une porte à laquelle cogner

On pourra critiquer nos sociétés modernes sur bien des points, mais il en est un que l'on ne peut que saluer : les différentes formes d'aide mises à notre disposition. Quand ça ne va pas, l'aide est là! Jamais bien loin.

  • Les livres ou DVD portant sur le bien-être ou qui traitent de notre problème spécifique font souvent le plus grand bien.
  • Les cours et ateliers offerts par notre municipalité permettent de rencontrer des gens partageant les mêmes difficultés.
  • On trouve facilement dans les annuaires téléphoniques ou sur les babillards des centres communautaires et des bibliothèques les listes d'organismes d'aide ainsi que les coordonnées de services d'écoute en ligne, de groupes d'entraide ou de thérapeutes.
  • Le Web offre plusieurs liens pratiques selon le type d'assistance recherché. Voici des adresses utiles pour :
  • Nous pouvons consulter notre médecin de famille. Il est souvent apte à évaluer avec nous nos véritables besoins et à suivre nos progressions sur le chemin du retour à l'équilibre.
  • Nous pouvons participer à un atelier ou à un cours en lien avec notre difficulté. Plusieurs municipalités, centres communautaires, organismes et centres de formation en offrent à différents moments de l'année.

Le nec plus ultra : le réseau social

Pourquoi faut-il se construire un réseau d'aide, aussi petit soit-il (amie, frère, voisine)? D'abord parce qu'il est souvent plus facile de demander de l'aide à des personnes que nous connaissons déjà et qui nous connaissent qu'à des étrangers. Sachez également qu'il n'y a pas que les proches. On peut se créer un réseau en faisant du bénévolat, en suivant des cours d'art, en participant à des activités organisées par les collègues, en faisant partie d'un club sportif ou de loisirs. Ensuite parce qu'il est prouvé que le fait d'avoir un soutien social permet de mieux composer avec les difficultés de la vie et réduit notre niveau de stress. Mieux, ça augmente notre espérance de vie! (À ce sujet, lisez notre texte Les copains d'abord)

Finalement, un réseau, c'est non seulement une aide reçue des autres au moment opportun, mais également une aide donnée en retour, une fois les forces retrouvées. L'important, c'est d'avoir autour de soi des personnes de confiance qui seront là pour nous quand nous en aurons besoin. Le simple fait de savoir que notre réseau existe, c'est déjà rassurant.

On se crée un réseau de soutien entre autres pour :

  • recevoir de l'écoute;
  • profiter de judicieux conseils;
  • obtenir une reconnaissance de nos capacités;
  • détourner un peu notre esprit de ce qui le préoccupe, en partageant par exemple des moments de loisir.

Qu'est-ce qui nous empêche de demander de l’aide?

Ce n'est certes pas facile, mais c'est souvent un excellent moyen de s'approcher un peu plus de cet équilibre de vie tant convoité. Petits ennuis du quotidien ou épreuve difficile, quand on a de l'aide, on les affronte plus facilement. Alors, qu'est-ce qui nous fait tant hésiter? Voici quelques pistes de réponse. Vous vous reconnaissez?

Parce qu'on aime faire cavalier seul

On peut préférer la solitude ou s’estimer suffisamment fort pour affronter seul l'adversité, les revers. Or, il arrive qu'on soit envahi par les émotions ou la fatigue – et ce n'est pas un signe de faiblesse – et qu'il devienne difficile de faire face aux obligations quotidiennes. Être fort intérieurement ne signifie pas forcément se débrouiller seul en toute circonstance. C'est parfois aussi être en mesure de détecter à quel moment on a besoin d'aide.

Parce qu'on ne veut pas attirer l'attention

On peut éprouver de la gêne, voire de la honte à demander de l'aide. Certaines personnes n'aiment pas parler d'elles et encore moins de leurs besoins. D'autres ont peur d'être un poids pour les autres. Elles ont peur de déranger. Il faut savoir que, bien souvent, les gens qui nous entourent aimeraient pouvoir se rendre utiles. Certains sont même touchés qu’on fasse appel à eux. Parce que demander de l'aide, c'est aussi, d'une certaine manière, signifier à l'autre qu'il est important pour nous.

On peut avoir du mal à se relever d'un décès ou d'un divorce, ou encore être fatigué ou sous tension en raison de la vie qu'on mène. Dans tous les cas, on devrait s'accorder le droit de se faire aider. Pour avancer, faire évoluer – de manière positive – la situation. Pour retrouver l'équilibre, quoi! Allons-y! Osons demander!

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